Mes débuts en tant qu'infirmière Française à Montréal.

Aloane

En résumé, pour ceux qui prennent le train en marche, j'habite au Saguenay où je n'ai pas trouvé de stage pour ma reconnaissance de diplôme d'infirmière. Après plusieurs mois de réflexion, étant infirmière puéricultrice, j'ai accepté un poste dans un grand hôpital Montréalais spécialisé dans la prise en charge des enfants. Me voilà donc à faire tous les 15 jours le chemin entre Montréal et Chicoutimi pour retrouver ma famille. Cela fait déjà 1 mois et demi que ma session de stage a débuté.
 
Dans un premier temps, j'ai réussi à trouver un logement non loin de l'hôpital et cela 3 jours avant le début de mon stage ( merci kijiji ! ), un étudiant libérait son appartement pour 6 mois, lui-même partait en stage en Finlande et il me laissait ses meubles (chargés de ses affaires à l'intérieur, mais bon c'est un détail ! ) pour 550 $ par mois en sous location ( en plus son propriétaire en avait été informé et tout était en règle ).
Je demandais juste à ce que le logement soit calme pour un confort de vie ne sachant pas à l'avance s'il me faudrait travailler de nuit. Au moment de récupérer les clefs du logement l'étudiant était déjà parti, je ne lui avais parlé que par téléphone mais les instructions étaient claires je devais sonner chez la concierge pour la passation du trousseau de clefs. Il m'a seulement averti que quelques travaux serait en cours d'être réalisé ou fini dans la salle-de-bain ( bon là, à vrai dire ça m'a semblé suspect...). Franchement je ne m'en faisais pas plus que cela ( sauf pour la salle-de-bain, ça va sans dire ! ), pour moi ce qui importait, était le calme et la proximité de mon lieu de travail et aussi surprenant que cela puisse paraître je n'ai pas eu ( trop )de mauvaises surprises.
 
En ce qui concerne la vie à Montréal, c'est une ville qui a des attraits, surtout question magasinage et restaurants !  Il faut bien le dire, je suis une fille de la campagne et j'apprécie plus particulièrement les grandes étendues et le calme des régions.
Le début de mon stage m'a fait l'effet d'un « Back to the Future...» où je revis mes années d'études en soins infirmiers; l'organisation des soins fût digne de la 4e dimension (pour moi en tant que Française), au début les migraines du soir étaient légions entre les différents acronymes qui m'ont semblé déconcertants, les multiples professions travaillant autour de l'infirmière ( inhalothérapeute, physiothérapeute, etc .) et la douloureuse  sensation d'être plus proche de  mes notes explicatives que du patient...
Puis petit à petit tout a trouvé sa place dans mon esprit et j'ai lâché prise sur les différences, je me sens bien mieux dans le service, la qualité des rapports humains est indéniable, et je suis heureuse de pouvoir noter ce changement bénéfique. En bref il y a moins de stress.
 
Pour en revenir à mon stage il dure 75 jours, les 30 premiers jours ressemblent étonnamment à un stage d'étudiante infirmière en France, je dois travailler avec une infirmière qui supervise mes actes et vérifie tous les médicaments que je dois administrer ...Puis on est compté comme infirmière à part entière, mais toujours en surveillance pendant 45 jours.
 
Cela peut paraître long mais au moins on est payé avec notre ancienneté dès le départ donc vraiment pas si pire. Un autre élément important est qu'on ne vous lache pas dans les services comme dans une arène, il peut y avoir plusieurs semaines d'apport théorique sur les spécificités des pathologies rencontrées dans le service avant d'entrer sur le « plancher ».
 
 L'accueil en service a été cordial et je ne me suis jamais senti jugée par mon problème de compréhension de certaines expressions. Par ailleurs j'ai pu m'exercer à la langue de Shakespeare à plusieurs reprises mais j'ai honte d'admettre que les parents Anglophones se sont rapidement mis à parler en Français abrégeant ainsi mes souffrances communicationnelles... Un de mes éléments à travailler ...
 
 
Bien à vous
 
 
Aloane
 
 
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Bilan retour à Paris : je repars quand ?

Puda

Hello à tous,

Je crois qu'il est enfin temps que je fasse mon bilan et pour des raisons perso (ma famille lit le blog), je n'écrirai pas la même chose sur mon blog. Du moins, je serai beaucoup moins transparente. Et la transparence, j'y tiens comme vous le savez.

Je ne sais pas trop par où commencer. Je suis rentrée le 22 septembre 2013 après presque 3 ans sur Toronto.
Je n'aimais pas cette ville, je ne me voyais pas du tout rester surtout dans l'éventualité d'y créer une famille. La vie est est terriblement chère et il faut deux très bons salaires.

Ma carrière à Toronto a été très satisfaisante même si je n'ai eu que deux postes en CDI. Un que j'ai quitté en 2 mois et un où j'ai été virée après 15 mois. Le reste a été recherche d'emploi (4 mois max par an sur 2 périodes) et contrats.
Les contrats n'ont aucunement "ruiné" ma carrière puisque j'ai même terminé dans une prestigieuse boite d'audit pendant 6 mois.

-- L'envie d'aller voir ailleurs --

Je voulais depuis très longtemps aller vivre aux États-Unis. Je m'étais donné 3 ans pour le faire et fin 2012, j'ai décidé de m'y lancer à fond.
L'approche la plus simple pour vivre le rêve américain était le VIE (Volontariat international en entreprise). Vous travaillez pour une boite française pendant 12 à 18 mois et vous êtes payé en euros net d'impôts. En gros entre 2000 et 2500 euros par mois aux USA.

J'ai donc cherché non stop pendant 7 mois et eu pas mal de retours de boites qui ne voulaient malheureusement pas me prendre en VIE mais en stage. Et puis mi juillet, une boite finit par me dire qu'elle est intéressée. Je passe 2 entretiens par téléphone et 1 semaine après on m'annonce que je suis prise et que j'irais à Washington DC début novembre car il y a pas mal de paperasse. Rien que de vous dire ça me met mal à l'aise car la suite a été... désastreuse. J'en ai même des palpitations c'est vous dire...

Mi août, au retour de la boite de vacances, on m'annonce qu'en fait, ils n'ont pas vraiment fait leur travail car ce n'est pas sur que mon visa soit accordé. En effet, il y a déjà une personne sur place en VIE et dans la boite aux USA il n'y a que... 3 personnes. En sachant qu'il y a un quota de 1 VIE pour 5 personnes. C'est vous dire mes chances d'obtenir un visa.
La boite me dit d'abord que c'est bon pour finalement me laisser patienter plusieurs jours avant de me dire que ce n'est pas bon, puis bon et vice versa. Ca a mis mes nerfs à vif et m'a totalement démoralisée quand j'ai enfin appris à 5 h du matin pour moi fin août (de Toronto) que la réponse était NON. Et encore, ils essayaient toujours de me faire croire que bon on ne sait jamais. (Suis obligée de faire des pauses pour vous écrire tellement ça m'énerve)

Alors là catastrophe intégrale. J'étais en fin de contrat dans ma boite, j'avais refusé de passer des entretiens pour obtenir un poste en CDI chez eux (bon en même temps ils ne m'avaient pas vraiment demandé et je n'avais pas montré d'intérêt, NORMAL) et mon mari avait quitté son job parce qu'on était censé partir !!! Je ne vous dis PAS la catastrophe. J'avais les boules comme pas permis. Je venais de tout arrêter pour un truc qui avait totalement foiré. Pendant 1 semaine j'ai été livide avant de me ressaisir.
Mister voulait qu'on rentre quelque temps en France pour faire le point et voir la famille. (Il avait une nièce qui venait de naître)
J'étais complètement contre. Paris, quelle HORREUR. Jamais de la vie je ne me voyais rentrer. J'ai postulé à des offres sur Toronto en parallèle, n'ai pas eu de nouvelles. La règle de voir 10 boites pour avoir enfin une proposition d'emploi s'appliquait de nouveau pour moi. 10 boites, ça pouvait prendre 3 mois. J'arrivais en fin de bail, je ne pouvais pas saquer mes voisins qui foutaient la musique à fond tous les soirs. Bref. J'avais les nerfs à vif.

La boite de Washington est revenue vers moi et m'a dit qu'ils pouvaient me prendre en VIE à Toronto. La bonne blague. Je gagnais quasiment 1000$ de plus par mois que ce qu'ils voulaient me proposer ! Et Toronto c'était un peu un vieux souvenir vu que mon mari refusait de rester.
En désespoir de cause (ou la mort dans l'âme) je leur ai demandé s'ils pouvaient me prendre à Paris. À ce moment, j'étais même prête à rentrer sans rien, c'est vous dire mon mental à l'époque. Rentrer à Paris sans rien, quand j'y repense... J'allais vraiment mal !

Bref, ils ont dit oui. Le salaire ne me convenait pas, je n'ai pas pu négocier mais bon voilà, ils payaient le déménagement à 100%.

-- Le retour --

J'en ai cauchemardé. Pendant 2 semaines j'ai cauchemardé toutes les nuits de ce retour à Paris. C'était terrible.
En revenant, la première semaine je me suis sentie littéralement oppressée. J'avais peur de tout. Ca n'avait tellement rien à voir avec la vie à Toronto que je flippais dans la rue.
Bien sur, j'étais super contente de voir ma famille et pendant quelques jours j'ai finalement pensé que je pourrais vivre en banlieue parisienne dans un endroit tranquille type le 78.

Mais, la réalité est vite revenue... J'ai démarré mon CDD (ah oui la boite m'a proposé un CDD de 6 mois car ils voulaient m'envoyer aux USA dès que leur VIE actuel serait parti donc fin août) et à ce moment, j'ai tout de suite voulu repartir.
Horaires à la con, 9 - 18. Et pourtant, ma boite n'est pas à cheval sur les horaires mais rentrer chez moi à 18 h 15 me TUE.
Évidemment, quand on est en CDD, on ne trouve pas de logement. Mon mari a pourtant trouvé un job en CDI 2 mois à peine après notre arrivée mais vous savez, il faut 3 fiches de pate gnagnagna. Bref aujourd'hui, nous n'avons toujours pas d'appart. On vit dans un grand logement de fonctions chez mes beaux parents en plein Paris.

Et puis les mois ont passé, Noël a été très difficile car même si j'étais enfin en famille, je ne me sentais pas du tout à l'aise en France. Alors j'ai décidé qu'il fallait repartir et surement avant que la boite ne m'envoie aux USA car...

- La boite veut m'envoyer 18 mois aux USA mais ne peut me garantir un visa derrière
- La boite s'est fait refuser plus de la moitié des visas qu'elle a demandé ces 3 dernières années
- Le visa n'est pas permanent. Mister pourrait ne pas trouver de boulot

-- Aujourd'hui --

Je vais être honnête avec vous. Je pense revenir au Canada. En fait, j'ai même passé des entretiens avec des boites (qui n'ont rien donné pour le moment). Pas à Toronto non mais j'envisage l'Alberta. Ce soir je passe un nouvel entretien avec une grosse boite.
Il est faux de dire qu'il est impossible de trouver du boulot depuis l'étranger car si on a de l'expérience canadienne ça ne pose aucun souci : la preuve !
Les boites m'ont même répondu le lendemain. Il y a donc des possibilités.

Parallèlement, une autre boite française m'a contacté pour un VIE à Boston. Mais là c'est encore pire, après le VIE, il faudrait rentrer 1 à 2 ans en France. Ahahaha.

-- Moralité --

Je devais de toute façon rentrer en France. Je crois que j'avais besoin de revenir pour comprendre que ma place n'était pas ici. Et j'avais aussi besoin de revoir mes priorités. Aujourd'hui je veux acheter un logement et fonder une famille et les envies n'ont donc plus rien à voir avec celles que j'avais en arrivant au Canada. Il m'aura fallu rentrer pour le comprendre. Et au moins, mon mari a trouvé un poste qui lui plait même s'il sait que je ne veux pas du tout rester et se prépare à repartir du jour au lendemain.

Bref... faut donc que vous croisiez les doigts pour moi car je risque d'être de retour dans peu de temps si une boite veut bien de moi ;)
Parallèlement, je joue à la loterie green card comme chaque année... le 1er mai 2014, sait-on jamais ?

Deux ans pour convaincre

soulman

Quand on commence un emploi, c'est souvent 3 mois d'essai avant de signer son contrat d'embauche définitif. On sait que cette période est cruciale, l'employeur peut à tout moment mettre fin à l'emploi sans aucun préavis, mais on a tendance à penser qu'une fois ces 3 mois passés on est d'avantage protégés. Malheureusement non, la date "magique" au Québec, c'est deux ans. Tant que vous n'avez pas dépassé cette date, votre employeur peut mettre fin à votre contrat sans motif. La seule chose qui change par rapport aux trois premiers mois, c'est le préavis. Moins de 3 mois, pas de préavis, de 3 mois à un an, une semaine et de un an à deux ans, deux semaines. Par contre souvent l'employeur va préférer payer ce préavis et vous libérer le jour-même. Il n'y a aucun recours à ce congédiement, votre employeur ne doit justifier ni faute, ni cessation d'activité, ni ralentissement économique, il n'est pas tenu de vous accompagner ni de vous donner les moyens pour atteindre les objectifs. Je sais, c'est dur... 
 
Vous allez peut-être vous demander : pourquoi laisser partir quelqu'un qui a fait la job jusque là, ou à l'inverse pourquoi est-ce que tout le monde n'utilise pas cette clause pour toujours recommencer avec des jeunes payés moins chers qu'on peut virer quand on veut, pour peu qu'on ne laisse pas passer ces 2 ans ? Il y a plein de raisons, qui dépendent de votre emploi et du type d'industrie dans lequel vous travaillez. Je vais prendre mon exemple, le jeu vidéo.
 
Dans mon studio on n'applique que très rarement cette clause. Quand j'embauche du monde, ça prend du temps. J'ouvre un poste, je me déplace dans les différentes écoles et programmes pour rencontrer les étudiants avec du potentiel, je présente le studio et je les rencontre un par un, je passe à travers tous les portfolios que les RH reçoivent, je rencontre les candidats, une heure chacun au moins, et une fois que la sélection est faite on fait enfin notre offre. C'est long et quand on a enfin choisi notre perle rare, on y tient. On accueille notre ressource, on l'encadre, on l'accompagne, on l'intègre à nos équipes, on prépare avec lui son plan de développement, on se voit régulièrement en entretien individuel pour faire le point. Bref, si je ne me suis pas rendu compte dans les premières semaines que je me suis trompé, j'investis dans cette ressource. Pendant un an et demi, deux ans, cette ressource n'est pas pleinement profitable au studio, c'est après cette période qu'elle devient assez autonome et expérimentée pour vraiment apporter. Donc partant de là, je n'ai aucun intérêt à la laisser aller juste avant !
 
Mais, parfois, cela peut arriver que malgré tout notre travail d'encadrement, la ressource ne se développe pas comme on s'y attendait. Qu'on sente qu'elle plafonne déjà au bout d'un an et demi. Que sa motivation n'est plus la même qu'à son arrivée et que rien n'indique que ça va s'améliorer. Pire, il se peut que notre pipeline ait tellement changé depuis son embauche qu'elle ne corresponde plus à nos besoins actuels. Dans ces cas-là, il vaut mieux intervenir et procéder au congédiement que d'attendre deux ans et devoir monter des dossiers.
 
Toujours pour rester dans mon domaine, certains studios abusent de cette clause. Ils engagent beaucoup de finissants avec une expertise très spécifique à leur projet en cours et les laissent aller dès le projet fini pour embaucher d'autres finissants plus adaptés à leur prochain pipeline. Ils sauvent des coûts, c'est certain, mais ne bâtissent pas de culture d'entreprise, ne développent pas l'appartenance et la rétention et l'embauche deviennent difficiles. Dans un milieu aussi concurrentiel, vous ne pouvez pas impunément traîner une mauvaise réputation.
 
Soyez donc vigilants quand vous allez approcher du terme de vos deux premières années, peut-être que votre patron va vouloir vous tester un peu, vérifier certaines choses avant d'être certain de vous garder. Prenez-le de façon positive, si vous êtes bon et motivé dans ce que vous faites, ça va aller !
 
Vous allez me dire, après ces deux ans, est-ce qu'on est tranquille ? Oui et non. Après ça il y a trois façons en gros de perdre son emploi :
 
- la mise à pied temporaire : le projet sur lequel vous travaillez s’interrompt du jour au lendemain (le client a brisé le contrat par exemple), toute l'équipe peut être mise à pied de façon temporaire si votre entreprise ne peut pas l'absorber dans sa production. Dans ce cas-ci, le lien d'emploi n'est pas brisé, vous restez officiellement lié pendant 6 mois à votre employeur, il est tenu de vous rappeler si l'activité reprend, il ne peut pas embaucher de nouvelle ressource pour le même type d'emploi. À la fin de ces 6 mois par contre, vous recevez votre 4% et le lien d'emploi est définitivement brisé (avec possibilité d'indemnisation selon les compagnies et selon votre ancienneté).
 
- le licenciement économique : un peu le même cas que précédemment, mais si votre employeur sent qu'il ne va pas être capable de vous ramener en production dans les 6 mois et que le creux va être plus long, il peut procéder à des licenciements. Les causes doivent être complètement objectives (dates d'embauches, toute l'équipe d'un même projet, etc.) Si les employés semblent être "choisis", c'est un congédiement déguisé et l'employé a des recours. Il y a des lois qui encadrent cette procédure, quand on dépasse un certain nombre par mois, la presse est prévenue.
 
- le congédiement pour faute : ça c'est la procédure classique quand on se fait virer. On fait quelque chose qui ne va pas, on se fait rencontrer quelques fois et si ça ne s'améliore pas, on se fait congédier avec ou sans indemnité selon la faute. Ce type de congédiement est très encadré aussi, l'employeur doit avoir tout mis en oeuvre pour aider son employé à s'améliorer et doit lui avoir donné le temps et les ressources pour atteindre ses objectifs. Sous peine de devoir réintégrer l'employé. Si c'est une faute grave, évidemment, ça ne s'applique pas.
 
Je ne rentre pas trop dans les détails de ces trois dernières procédures, beaucoup de sites en parlent, vous pouvez lire cette page par exemple : 
http://www.lecourshebert.com/droit-du-travail-Les-Principes-et-regles-du-Congediement-licenciement-au-Quebec.html
Dans ce lien, vous pourrez aussi trouver quelques motifs qui ne sont pas valides pour un congédiement avec motif :
http://www.educaloi.qc.ca/capsules/les-motifs-interdits-de-congediement-et-de-sanctions
 
Le but de mon billet était surtout de vous parler de cette clause des deux ans, gardez-là en tête pour ne pas vous sentir "intouchable" une fois votre contrat signé :)
 

Tags : Emploi

Didier: 6 mois à Vancouver

Blueberry

Pour ce billet, j'ai décidé de donner la parole à Didier, alias PertiG sur ce forum. Il est avec sa famille sur Vancouver depuis 6 mois, et nous livre ses premières impressions. 
 
Peux-tu te présenter? 
Je suis franco-malgache, j’ai dépassé la quarantaine, marié et papa de 2 enfants. 
J’ai passé une grande partie de mon enfance à Madagascar, et la vie d’adulte en France (dont 2 ans en Allemagne) 
 
Pourquoi le Canada? Pourquoi Vancouver? 
J’avais depuis pas mal de temps l'envie de changer de pays car piégé par une routine parisienne que je m'étais moi-même créée.  
D'autre part, ma fille aînée dès l'âge de 8 ans a commencé à montrer des signes de surmenage, donc cela a accéléré le processus d'immigration. 
Partir s'installer dans un nouveau pays a longtemps été un rêve, mais nous n'avions  pas vraiment de destination bien précise. 
En réalisant un comparatif sur différents pays, petit à petit le Canada s’est révélé comme une évidence, et le rêve est devenu projet il y a 7 ans lorsque j’ai commencé à participer au salon Destination Canada. La même année je suis partie avec ma femme et ma fille aînée faire un voyage exploratoire à Seattle et Vancouver. 
Le Canada représentait pour nous le bon compromis entre l’Europe (il y a un niveau de protection sociale) et l’Amérique (culture du tout est possible). 
Quand je dis "culture du tout est possible", c'est qu'on ne range pas les gens dans une boîte parce qu'à 22 ans ils ont fait un certain cursus académique. 
D'autres raisons motivantes sont que le Canada est un pays bilingue (en théorie), égalitaire qui promeut de manière plus effective l’égalité homme-femme. Etant père de 2 filles, ce sujet m'est important. 
 
J’ai choisi une province anglophone car l'anglais ne me paraissait pas un obstacle mais plutôt comme un atout aussi bien pour l'avenir des enfants que pour celui des parents. 
 
Et puis, Vancouver, vue la beauté exceptionnelle du cadre et les belles rencontres que nous avons pu établir dès le 1er séjour, on se voyait mal affronter l’hiver dans une province du Centre ou de l'Est du Canada. 
 
Peux-tu résumer ton parcours depuis ton arrivée?  
Je suis arrivé en été 2013 à Vancouver avec mes deux filles. Nous avons été hébergés quelques jours chez des amis  pour nous permettre de trouver une location. La recherche fut rapide car j'ai trouvé en une semaine notre première location. 
Ce que je peux dire c’est que je suis à la fois épuisé mais aussi heureux. 
Epuisé, car au quotidien mener de front à la fois l’installation dans un nouveau pays,  les courses, les loisirs avec les enfants, les devoirs des enfants, les petits conflits entre enfants, le rangement de la maison, la mission free-lance, la rédaction de mon blog etc etc...tout cela n’est pas de tout repos. 
Mais heureux finalement car cela reste un privilège de vivre dans un endroit qu'on a vraiment choisi. 
J’ai résumé les premières actions ici (( http://www.liferebootspirit.com/les-6-actions-incontournables-pour-tout-nouvel-immigrant-arrivant-en-famille/ ) , je me suis inscrit à un dispositif d’accompagnement à la recherche d’emploi (http://www.skillsconnect.ca/). 
Les tâches administratives sont très simples à faire, contrairement à ce que j’ai pu connaître en France. J’ai récemment acheté une voiture d’occasion, et cela m’a pris 20 minutes chez ICBC pour effectuer le transfert de propriété et d’assurance du véhicule ! 
Je travaille en freelance sur une mission informatique et heureusement cela ne doit me prendre qu’au maximum 20 h par semaine. 
 
 
Quel était ton niveau d’Anglais avant de venir ici? Trouves-tu difficile de vivre en Anglais?  
 
Je qualifierai personnellement mon niveau d’anglais d’intermédiaire, il n’est vraiment pas exceptionnel. Je suis à l’aise pour parler de sujets professionnels, et beaucoup moins pour comprendre certaines blagues de collègues. 
 
C’était difficile les toutes premières semaines de vivre en anglais, mais ensuite l’appréhension de faire des fautes diminue. Au fil du temps, à force de parler avec tout type de personne, l'anglais devient plus fluide, la compréhension plus rapide. 
J'ai quelques fois du mal à comprendre certains accents très prononcés comme celui d'un collègue d'origine indienne. 
 
Peux-tu nous donner tes impressions sur le marché et la recherche d’emploi?  
Vancouver est une ville relativement modeste en comparaison des villes de l’Est du Canada.  
Par rapport à mon domaine professionnel (l'informatique), les offres d’emplois existent, mais elles sont moins nombreuses et peut-être moins bien payées qu’à l’Est du Canada. De plus le bassin d’emploi est constitué majoritairement de PME, donc il faut utiliser le réseautage pour espérer décrocher un entretien dans ce type de structure. 
 
 
Quelques impressions générales sur Vancouver après 6 mois ici? 
Vancouver est une ville calme et apaisée. C’est agréable au quotidien de voir des gens souriants, courtois et plutôt décontractés. C’est assez frappant surtout lorsqu’on est resté très longtemps à Paris. 
 
Mon expérience reste récente, mais ma perception est que les gens sont beaucoup moins dans la défiance et plus dans la confiance. Et cela représente un sacré confort au quotidien. 
Par ailleurs, ayant choisi d'être à North Vancouver où tout est boisé et vert, j’ai toujours un peu l’impression d’être en vacances. 
Les restaurants à Vancouver sont généralement de très bonne qualité, et les sushis sont délicieux. 
 
 
Quelles sont les facilités et difficultés que tu as rencontrées?  
Trouver un logement n’est vraiment pas un problème à Vancouver ; même sans historique bancaire ni emploi j’ai pu trouver une location en 1 semaine. 
Le seul couac administratif que j'ai eu est avec le MSP (Medical Service Plan, l'assurance maladie provinciale) qui n'avait pas pris en compte ma nouvelle adresse. 
La difficulté que je peux rencontrer ici est d’ordre culturelle, les gens manquent un peu de spontanéité : même au niveau amical, il faut que tout soit organisé, planifié. Ayant vécu en Allemagne, je retrouve un côté germanique. 
Il y a un point qui me gêne c’est la violence routière : j’ignore les statistiques, mais je trouve qu’il y a une certaine incivilité de beaucoup de conducteurs sur les routes.  Il y a très peu de radars et de policiers pour pouvoir freiner certaines conduites que je considère comme agressives et dangereuses. 
 
Comment cela se passe pour les enfants?  
J'ai choisi d'habiter à North Vancouver pour que mes enfants soient dans la meilleure école francophone (avec un système éducatif canadien) de la région de Vancouver. 
Et c'est la meilleure décision que j'ai prise car mes deux filles y sont heureuses et épanouies. 
Ne serait-ce que pour cette seule raison je trouve que les sacrifices en valent le coup. 
Ma fille aînée a 2 heures de cours hebdomadaire d'anglais par semaine. 
Ma fille cadette commencera les cours d'anglais l'année prochaine.  
Mais à force d'entendre l'anglais un peu partout, elles commencent toutes les deux à comprendre un tout petit peu. 
Pour les prochaines vacances scolaires du printemps, les enfants seront au centre de loisirs anglophones (Spring break day camp), et ce sera un challenge d'immersion linguistique pour les deux. 
 
Quelques conseils pour ceux qui voudraient pousser à l’Ouest?  
En me basant sur mon expérience, j'en donnerais 3 : 
Avoir le bon état d’esprit, pour pouvoir affronter les nombreux obstacles. 
Ne pas hésiter à demander, à parler et faire des rencontres: les gens ici sont ouverts et bienveillants. 
Il est préférable d'avoir un intérêt pour les activités extérieures, pour pouvoir apprécier la Colombie-Britannique à sa juste valeur. 
 
Merci Didier, bonne chance pour la suite! 

Tags : Canada anglophone

L'hiver me rend bipolaire

Maudite Française


Au début je m'agaçais dès que l'on mentionnait l'hiver IN-TER-MI-NA-BLE et GLA-CIAL du Québec. Comme l'amoureuse qui refuse de voir les défauts de l'élu… Je m'enflammais, Je m'offusquais, je rétorquais, avec toute la force de ma mauvaise foi (qui est capable de déplacer des montagnes) que :
- "Non c'est tout à fait supportable, il suffit d'être bien équipé"
- "C'est magique, incroyable, indescriptible…on s'éclate…on adore ça"
- "Il y a plein de trucs à faire"
- "Tout est déneigé super rapidement"
- "C'est tellement beau, tout ce blanc!!!"
Ceci dit, tout cela est vrai … mais juste le premier mois de l'hiver.
La première tempête me rend euphorique limite hystérique…la dernière me met à terre… Entre temps mon humeur joue aux montagnes russes, au rythme de l'ensoleillement et des degrés celsius. Un jour j'suis plus capable, tout m'irrite et le simple fait de mettre ma tuque me pèse… Le lendemain je suis béate devant la lumière incroyable du matin,  je me réjouis d'entendre le "scrouitch-scrouitch" de mes pas dans la neige: J'ai l'impression d'être privilégiée et de vivre un moment féérique.
Un jour je trouve exotique de trouver la moindre aventure d'Indiana Jones plate comparée à tout ce que je dois mettre en oeuvre pour juste sortir mes poubelles (traverser ma cour pas déneigée, arriver à ouvrir la porte gelée et atteindre la ruelle sans perdre mes mains ni mes oreilles: Challenge)
Un autre cela me parait insupportable de ne pas pouvoir mettre LA robe que je voulais - parce qu'à -25, la petite robe avec les collants, faut oublier - que ça m'énerve de me battre avec mes cheveux et l'électricité statique dûe à la maudite tuque qui garantit cependant ma survie (faut bien l'avouer) et que marcher à 2 à l'heure comme un pingouin pour conserver son équilibre sur les trottoirs verglacés rend n'importe quel trajet stressant…Tout ça pour finir par s'étaler dans la cour de récré de l'école de ses enfants parce que j'ai été distraite par l'un d'eux…Juste 45 paires d'yeux qui m'ont vu, des éclats de rire qui résonnent dans toute la rue…et un gros bleu sur les fesses.
Rien de grave. Plus que 3 mois ;-)
 
Cet article est tiré de mon blogue:
Les tribulations d'une française à Montréal:
http://mhlps.wordpress.com
et la page facebook où je partage mes découvertes québécoises:
https://www.facebook...ncaiseAMontreal 

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