Le Québec va limiter le nombre d’étudiants étrangers
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Le Québec va limiter le nombre d’étudiants étrangers

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Des quotas pour limiter le nombre d’étudiants étrangers au Québec : quelles conséquences pour les nouveaux arrivants et les établissements d’enseignement?

Le gouvernement du Québec a récemment annoncé une série de mesures visant à limiter le nombre d’étudiants étrangers pouvant s’inscrire dans les établissements d’enseignement de la province. Cette décision, qui touche aussi bien les universités que les cégeps et les collèges privés, soulève de nombreuses questions, notamment pour les personnes souhaitant venir étudier au Québec et pour les établissements d’enseignement qui subissent les contrecoups de ces changements.

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Un plafond au nombre d’étudiants étrangers

« Québec fixe un plafond au nombre d’étudiants étrangers dans chaque établissement et retire des professeurs d’universités du traitement simplifié d’immigration, a appris Radio-Canada. »

Les universités, les cégeps et les collèges privés devront désormais limiter le nombre d’étudiants étrangers qu’ils pourront accueillir.

Le gouvernement Legault a en effet décidé de mettre en place des quotas de certificat d’acceptation du Québec (CAQ) par institution, selon des informations obtenues par Radio-Canada. Jusqu’à présent, aucune limite n’était fixée, ce qui aurait entraîné, selon le gouvernement, plusieurs dérives et une hausse marquée du nombre d’étudiants étrangers au Québec.

Le CAQ, un document incontournable

L’obtention du CAQ est une étape obligatoire pour chaque personne qui souhaite ensuite obtenir un permis d’études (octroyé par le gouvernement fédéral). Le plafond du nombre de CAQ variera selon chaque établissement, d’après un document gouvernemental interne.

Certaines universités qui reçoivent déjà des milliers d’étudiants étrangers, principalement à Montréal, seront moins affectées, tandis que d’autres institutions, particulièrement des écoles qui servaient massivement de tremplin pour demander l’asile, seront davantage touchées. Plusieurs collèges privés ne seront pas épargnés non plus, surtout ceux faisant l’objet d’enquêtes sur des pratiques de recrutement et des conditions d’enseignement jugées problématiques.

Une hausse notable des CAQ

Selon des documents publics, le Québec avait délivré près de 134 000 CAQ en janvier 2024, contre environ 122 000 un an plus tôt. Cette hausse avait déjà connu un bond spectaculaire depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Legault, puisqu’en 2018, moins de 60 000 certificats avaient été émis.

« Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, veut diminuer le nombre d’étudiants étrangers au Québec. »

Des baisses déjà en cours

Ni le ministre de l’Enseignement supérieur ni celui de l’Immigration n’ont souhaité commenter ces décisions pour le moment. Les établissements, qui ont tenté de limiter l’intervention gouvernementale, n’ont pas encore été officiellement informés de ces mesures qui seront dévoilées dans un décret à l’issue du conseil des ministres.

Selon divers intervenants, les récents discours sur l’immigration et les mesures instaurées tant par le gouvernement fédéral que par le gouvernement du Québec auraient déjà un impact à la baisse sur les inscriptions universitaires et collégiales à venir.

« C’est l’image de marque de l’attractivité du Québec et du Canada qui est en jeu. Il y a un enjeu de compétitivité. On n’a pas assez d’étudiants internationaux pour les besoins de talents qu’on a ici. »
– Christian Blanchette, recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

Un porte-parole de la Fédération des cégeps confirme que, bien que le processus ne soit pas encore finalisé, les demandes d’admission de la part de candidats internationaux sont déjà en baisse en raison de l’incertitude entourant les politiques d’immigration.

Un plafond fédéral également

Le gouvernement fédéral a mis en place plusieurs mesures pour réduire l’immigration temporaire, notamment en imposant un plafond de 437 000 permis d’études pour 2025 et 2026, soit une réduction de 10 % par rapport à 2024. Des limites ont aussi été annoncées concernant les permis de travail pour les conjoints, ainsi qu’une hausse des exigences financières.

Retrait de près de 200 titres de profession de la liste de traitement simplifié

Parallèlement à la mise en place de quotas pour les étudiants étrangers, Québec a mis à jour sa Liste des professions admissibles au traitement simplifié. Celle-ci est passée de 267 à 76 titres de profession admissibles depuis le 24 février.

Le traitement simplifié permet l’embauche de travailleurs étrangers temporaires dans des professions spécialisées selon les besoins de main-d’œuvre dans toutes les régions. En 2023, près de 20 000 certificats d’acceptation du Québec ont été délivrés via ce processus.

Les professeurs d’université exclus

Fait notable, la mise à jour exclut désormais les professeurs et chargés de cours au niveau universitaire.

« Le recteur de l’Université de Montréal, Daniel Jutras, y voit une très mauvaise nouvelle pour l’Université de Montréal, mais aussi pour l’ensemble des universités et pour la société québécoise. »

« Depuis 2019, nous réitérons chaque année que l’ajout du titre de professeurs sur la liste aide à notre recrutement à l’international et cette année, non seulement on n’a pas pris en considération nos arguments, mais on ne nous a pas avisés du retrait non plus. »
« Attirer les meilleurs talents ici est un gain pour le Québec […] Ce n’est pas le temps d’ériger des obstacles supplémentaires à leur recrutement. »
– Daniel Jutras, recteur de l’Université de Montréal

À l’Université de Montréal, 32 % des professeurs recrutés nécessitent une démarche d’immigration. Parmi les autres professions retirées figurent les enseignants de niveau collégial en formation professionnelle ainsi que les aides-enseignants aux niveaux primaire et secondaire.

Le Québec suspend ses missions de recrutement à l’étranger en 2025

Le gouvernement du Québec a récemment annoncé qu’il suspend ses missions de recrutement à l’étranger en 2025, notamment en Europe et en Afrique, qui visaient à recruter des ingénieurs, des informaticiens, des infirmières et du personnel enseignant.

Focus sur les plus récentes annonces

Le gouvernement Legault passe à l’acte

Après avoir légiféré pour s’attribuer le pouvoir de limiter le nombre d’étudiants étrangers, le gouvernement Legault réduit de 20 % le nombre de demandes pouvant être faites par des étudiants étrangers voulant fréquenter un établissement d’enseignement québécois. Il agit en limitant le nombre de CAQ, document essentiel à l’obtention du permis d’études fédéral.

En 2024, 156 647 certificats avaient été attribués. Ce chiffre passera à 124 760 en 2025. Chaque établissement se voit donc attribuer un quota à respecter. Toutefois, il importe de préciser que le nombre de certificats n’est pas représentatif du nombre d’étudiants étrangers sur le territoire québécois, car le CAQ est accordé pour la durée d’une formation.

Les collèges privés particulièrement touchés

La réduction se concentre dans les collèges privés et établissements d’enseignement privés.

« Là où vraiment il va y avoir une réduction substantielle, c’est dans les AEC [attestations d’études collégiales]. »
– Pascale Déry, ministre de l’Enseignement supérieur

Le gouvernement cible les AEC et les formations de courte durée qui, selon la ministre, servent de voies rapides pour obtenir la résidence permanente. On parle par exemple de formations en administration, courtage immobilier, planification d’événements ou design, qui auraient connu une croissance substantielle du nombre d’étudiants étrangers.

Cégeps : des programmes « protégés »

Québec protège toutefois certaines AEC au collégial et la formation professionnelle visant la santé, les services sociaux et l’éducation, jugées essentielles pour répondre aux besoins de main-d’œuvre. Les programmes « nichés » en région ou dans des secteurs stratégiques (aviation, par exemple) ne seront pas non plus affectés.

En revanche, le nombre d’étudiants étrangers dans l’ensemble des DEC techniques et préuniversitaires sera plafonné, le gouvernement attribuant le même nombre de CAQ qu’en 2024 pour l’année 2025-2026.

Coup de frein dans les universités

Québec a décidé de stabiliser le nombre de CAQ délivrés pour les universités au niveau de 2024, laquelle a connu une légère baisse. Le gouvernement fédéral avait déjà mis en place un plafond pour les permis d’études valables au pays, impactant directement les inscriptions des étudiants étrangers.

Selon la ministre Pascale Déry, les cégeps et les universités devront désormais mieux recruter afin de s’assurer que les étudiants viennent véritablement au Québec. Les universités et les cégeps sont néanmoins invitées à participer aux consultations sur la planification de l’immigration, prévues ce printemps.

« La première étape, c’est de freiner cette croissance qu’on a eue au cours des dernières années, pour toute la pression que ça crée sur les services publics, sur le logement, etc. »
– Pascale Déry, ministre de l’Enseignement supérieur

Le gouvernement rappelle que le nombre d’étudiants étrangers détenant un permis d’études valide est passé de 50 000 à 120 000 de 2014 à 2023, une hausse de 140 % selon les données officielles.

Conséquences pour les futurs étudiants et pour les établissements

Pour les nouveaux arrivants qui souhaiteraient venir étudier au Québec, il est indispensable de vérifier les quotas établis par le gouvernement dans l’établissement de leur choix. En effet, ces mesures pourraient ralentir ou limiter l’accès à certaines formations collégiales et universitaires, notamment dans les collèges privés qui voient leur capacité d’accueil drastiquement réduite.

Pour les établissements d’enseignement, il devient crucial de revoir leurs stratégies de recrutement international et de veiller à orienter les admissions vers des programmes jugés prioritaires ou alignés avec les besoins de main-d’œuvre locaux. Les universités, elles, devront porter une attention particulière à l’impact de l’exclusion des professeurs du traitement simplifié d’immigration, risque potentiel pour le renouvellement et l’enrichissement de leur corps professoral.

Votre opinion nous intéresse

Ces nouvelles mesures modifient considérablement le paysage de l’enseignement supérieur au Québec et auront un impact sur le choix des futurs étudiants étrangers ainsi que sur la gestion des établissements. Nous invitons tant les personnes qui projettent de venir étudier au Québec que les représentants d’établissements d’enseignement à faire part de leurs commentaires ci-dessous. Quelles stratégies envisagez-vous? Comment vous préparez-vous à ces changements?

Partagez vos réflexions et vos questions dans la section des commentaires!

Source : La PresseRadio-Canada

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Écrit par
Laurent Gigon

Cofondateur du site Immigrer.com

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