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Je donne mon avis →Comment organiser son budget lorsqu’on s’installe au Canada ? Quelle place donner au remboursement des dettes, à l’épargne et aux projets de famille ? Entre les frais d’arrivée et les dépenses du quotidien, il peut être difficile de savoir par où commencer.
La Banque Nationale du Canada, en collaboration avec immigrer.com, a proposé le 20 octobre 2026 un webinaire sur la santé financière. Présenté par Laurence Nadeau avec David Michaud et Fatima Ez-Zahra Benemmane, cette rencontre, disponible en rediffusion, vous donne des repères pour faire le point sur votre situation et mieux organiser vos finances au Canada.

Quel aspect financier de votre future arrivée au Canada soulève le plus de questions pour vous?
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Santé financière au Canada : les points à retenir du webinaire
Chaque parcours d’immigration est différent. La préparation financière doit tenir compte de la province choisie, de la situation familiale, des ressources disponibles et des incertitudes entourant les premiers revenus.
Parler d’argent et anticiper la période de transition
Les intervenants ont d’abord évoqué les préoccupations financières des Canadiens : inflation, difficulté à épargner, pression des dépenses courantes et stress lié à l’endettement. Ils ont encouragé les participants à parler plus ouvertement d’argent, avec leurs proches comme avec un conseiller, pour mieux comprendre leur situation et prendre des décisions éclairées.
Pour les nouveaux arrivants, les premiers mois constituent une période particulière : les dépenses se concentrent alors que les revenus peuvent être encore incertains. Logement, mobilier, transport, téléphonie, Internet, assurances, vêtements adaptés au climat et démarches professionnelles doivent être anticipés. Le budget doit donc prévoir une marge de manœuvre et plusieurs scénarios, notamment si la recherche d’emploi dure plus longtemps que prévu.
Onze questions pour faire le point
La présentation s’est appuyée sur onze questions couvrant les différentes étapes de la vie financière :
- Avez-vous préparé un budget ?
- Disposez-vous d’un coussin de sécurité ?
- Quelle part de vos revenus pouvez-vous consacrer à l’épargne ?
- Quels moyens peuvent vous aider à réduire vos impôts ?
- Comment financerez-vous votre retraite ?
- Quelle stratégie avez-vous prévue pour réduire vos dettes ?
- Quand avez-vous établi ou révisé votre plan financier ?
- Vos protections d’assurance sont-elles adaptées ?
- Avez-vous un testament ?
- Vos documents importants sont-ils regroupés et accessibles à une personne de confiance ?
- Un proche connaît-il les éléments essentiels de votre situation financière en cas de décès ou d’invalidité ?
Il n’est pas nécessaire de répondre immédiatement à toutes ces questions. Avant l’arrivée, le budget et les réserves disponibles constituent les premières priorités. Les autres sujets pourront être approfondis progressivement.
Adapter son installation à ses moyens
Le lieu d’installation influence fortement le budget. Les coûts du logement, de l’électricité, des assurances et du transport varient selon les villes et les provinces. Une voiture peut être nécessaire dans certains secteurs, tandis que les transports collectifs peuvent permettre de s’en passer ailleurs.
Fatima a partagé son expérience d’immigration en famille : limiter les dépenses initiales à l’essentiel, meubler progressivement son logement et rester ouvert à un premier emploi de transition peuvent aider à préserver ses réserves. Un tel emploi peut aussi faciliter la découverte de la culture et du marché du travail canadien.
Les projets à plus long terme — propriété, voyages, études des enfants ou retraite — restent importants. L’objectif est de les classer par priorité et de leur donner un horizon réaliste, en échangeant clairement avec son conseiller sur ce que l’on souhaite accomplir.
Construire un budget et le faire évoluer
Le budget a été présenté comme un outil pour réduire le stress, payer ses factures à temps, éviter le surendettement et préserver sa capacité d’emprunt.
La démarche proposée consiste à définir des objectifs précis, réalistes, mesurables et situés dans le temps, puis à recenser les revenus et les dépenses. Elle suppose aussi de distinguer les besoins des désirs et les projets à court terme des objectifs plus éloignés.
Un tableur, une application ou un outil d’intelligence artificielle peut aider à établir une première structure. Les estimations doivent toutefois être rapprochées des prix réellement pratiqués dans la région choisie.
Les intervenants ont notamment recommandé de :
- distinguer les dépenses essentielles des dépenses discrétionnaires, comme les restaurants, les sorties et les livraisons de repas ;
- comparer les offres d’assurance, de téléphonie et d’Internet ;
- supprimer les abonnements inutilisés ;
- se renseigner sur les coûts énergétiques du logement et les possibilités de paiements répartis sur l’année ;
- comparer régulièrement les dépenses réelles aux prévisions, ainsi que leur progression à celle des revenus ;
- réviser le budget après un changement important : immigration, naissance, séparation ou changement d’emploi.
Des repères indicatifs ont été évoqués pendant la séance, notamment autour de 25 % du revenu net pour les dépenses liées à la maison et de 10 % pour la voiture. Ils servent de points de départ à la réflexion et doivent être adaptés à la réalité de chaque ménage.
Se renseigner tout en évitant les arnaques
Les groupes d’entraide et les témoignages d’autres immigrants peuvent aider à comprendre les dépenses à prévoir. Les intervenants ont cependant rappelé la nécessité de vérifier les informations et les interlocuteurs.
Les offres de logement, d’emploi ou de services d’immigration trop avantageuses, les demandes de paiement et la collecte de renseignements personnels doivent inciter à la prudence. Les échanges avec une institution financière et les ressources communautaires peuvent aider à mieux évaluer une proposition avant de s’engager.
Comprendre le crédit canadien et maîtriser ses dettes
La séance est revenue sur la constitution progressive d’un dossier de crédit au Canada. Les intervenants ont expliqué qu’un historique établi à l’étranger ne doit pas être considéré comme automatiquement transféré dans le système canadien.
Une carte de crédit peut contribuer à bâtir cet historique, à condition d’en comprendre le fonctionnement : taux d’intérêt, frais, échéances, paiement minimum et remboursement du solde. La limite disponible représente une capacité d’emprunt, et non un revenu supplémentaire.
Les principaux réflexes présentés sont les suivants : payer à temps, rembourser le solde du relevé à l’échéance lorsque possible, surveiller ses transactions et garder une vision claire de toutes ses dettes. Les paiements automatiques peuvent faciliter le suivi, à condition de conserver les fonds nécessaires dans le compte.
Pour réduire le coût de l’endettement, les intervenants ont proposé de prioriser les dettes aux taux les plus élevés et d’examiner, selon sa situation, une consolidation à un taux plus avantageux. Ils ont également déconseillé de multiplier les cartes au point de rendre leur gestion difficile. La consultation de son dossier auprès d’Equifax ou de TransUnion a aussi été abordée.
Faire son bilan financier avant et après l’arrivée
Le bilan financier complète le budget. Il consiste à dresser la liste de ses avoirs et de ses dettes pour calculer sa valeur nette et suivre son évolution.
Avant le départ, il faut notamment recenser les économies disponibles, les biens que l’on souhaite conserver ou vendre et les sommes réellement accessibles pour l’installation. Les engagements maintenus dans le pays d’origine, comme un prêt immobilier, doivent continuer à figurer dans le budget.
Les frais de transfert, les délais d’accès aux fonds et l’évolution des loyers entre une visite exploratoire et l’installation méritent également d’être anticipés. Un nouveau bilan après l’arrivée, puis à une date régulière chaque année, permet de comparer les prévisions à la situation réelle.
Découvrir les principaux régimes d’épargne
Les intervenants ont présenté plusieurs régimes canadiens, chacun répondant à des objectifs différents :
- Le REEE, destiné à préparer les études postsecondaires des enfants, peut donner accès à des subventions et à des aides gouvernementales selon l’admissibilité. La séance a notamment évoqué la subvention fédérale de base, l’incitatif québécois et le Bon d’études canadien.
- Le CELIAPP vise l’achat d’une première habitation admissible. Il combine des cotisations généralement déductibles et des retraits admissibles non imposables.
- Le REER sert notamment à préparer la retraite. Les cotisations admissibles peuvent réduire le revenu imposable, tandis que les retraits sont généralement imposables.
- Le CELI permet d’épargner pour différents projets, avec des revenus de placement et des retraits généralement non imposables.
La rencontre a souligné l’intérêt de s’informer assez tôt après l’installation, sans nécessairement ouvrir tous ces régimes immédiatement. Fatima a expliqué qu’elle propose souvent un deuxième rendez-vous après les premières démarches bancaires pour discuter des besoins et des possibilités.
Les règles d’admissibilité, les droits de cotisation et les conditions de retrait doivent être vérifiés pour chaque régime. Les documents fiscaux, les renseignements de l’administration fiscale et le suivi de ses propres cotisations permettent d’éviter les dépassements.
Épargner régulièrement et choisir des placements adaptés
L’épargne a été présentée comme un poste à intégrer au budget : « se payer en premier ». Les intervenants ont évoqué un objectif indicatif de 10 % du revenu brut, à ajuster selon ses moyens et ses priorités.
Les virements automatiques, chaque semaine, à chaque paie ou chaque mois, facilitent la régularité. Une illustration comparait des versements de 25, 50 et 100 dollars par semaine pour montrer l’effet du temps et des sommes versées sur l’accumulation. Le rendement hypothétique utilisé dans cette illustration ne constituait pas une garantie.
Le choix des placements doit tenir compte du projet, de l’horizon de placement et de la tolérance au risque. Les versements réguliers ne suppriment pas les risques des marchés.
Épargner ou rembourser son hypothèque ?
Les intervenants ont expliqué qu’il n’existe pas de réponse unique. Le choix dépend notamment du coût de l’emprunt, de la fiscalité, des objectifs et de la situation financière.
Selon le cas, il peut être pertinent d’accélérer le remboursement, d’investir ou de combiner les deux. Une comparaison personnalisée permet d’évaluer les options.
Distinguer le fonds d’installation du fonds d’urgence
Une distinction importante a été faite entre deux réserves :
Le fonds d’installation sert à payer les dépenses prévisibles du départ et de l’arrivée : déménagement, logement, équipement et démarches.
Le fonds d’urgence est destiné aux imprévus : problème de santé, interruption de revenu ou dépense inattendue.
Si toutes les économies sont consacrées aux dépenses prévues, il ne reste plus de marge pour les urgences. Un repère de trois à six mois de dépenses a été évoqué, à adapter à la situation du ménage.
La discussion a aussi porté sur les conséquences d’une incapacité de travail et sur l’importance de vérifier sa couverture médicale à l’arrivée, notamment lorsqu’un délai précède l’accès au régime public.
Préparer sa retraite après une immigration
Même si la retraite paraît lointaine au moment de l’installation, commencer tôt permet de répartir l’effort d’épargne.
Le plan doit tenir compte des régimes de l’employeur, des économies personnelles, des projets de vie et des prestations publiques auxquelles la personne pourra avoir droit. Une arrivée plus tardive au Canada peut limiter les années de cotisation ou de résidence prises en compte selon les programmes. Les droits acquis dans le pays d’origine et les éventuelles ententes internationales doivent également être examinés.
Les questions des participants
Faut-il regrouper ses fonds avant de les transférer au Canada ?
Un participant souhaitait savoir s’il était préférable de transférer séparément les sommes détenues dans plusieurs banques, notamment sur des comptes personnels et professionnels, ou de les regrouper.
David a expliqué que les possibilités dépendent du pays de départ, des restrictions de transfert, des banques concernées et des intermédiaires éventuels. Un transfert unique n’est donc pas toujours possible ou nécessairement préférable.
La discussion a porté sur les frais bancaires, le circuit du transfert et le taux de change appliqué. L’avantage de conversion de certaines devises a été évoqué, sans constituer un gain garanti : le montant reçu dépend du taux et des frais au moment de l’opération. Le traitement particulier des fonds professionnels n’a pas été approfondi pendant la séance.
Quel budget prévoir pour une famille de six personnes au Québec ?
Les intervenants n’ont pas donné de montant universel. Il faudrait connaître la ville choisie, les revenus attendus et les besoins du ménage.
La taille du logement constitue un enjeu majeur : une famille nombreuse doit rechercher suffisamment de chambres, ce qui peut restreindre l’offre et augmenter le coût. La recommandation a été de fixer d’abord une capacité de paiement, puis de comparer plusieurs secteurs et régions en tenant compte du transport et de l’accès à l’emploi.
Que faire d’une carte de crédit devenue inutilisée ?
La question concernait une carte obtenue pour des achats chez Costco, puis délaissée.
David a recommandé de fermer les cartes qui ne servent plus afin de simplifier la gestion et de limiter le risque qu’une perte ou une utilisation frauduleuse passe inaperçue. Il a également expliqué que son institution peut fermer un compte après une période d’inactivité et l’envoi d’un avis.
Avant de procéder, il convient d’examiner avec l’émetteur les conséquences possibles sur son dossier de crédit, notamment selon l’ancienneté du compte, le crédit disponible et les soldes des autres cartes. La discussion a surtout insisté sur l’intérêt de conserver des moyens de paiement que l’on utilise et surveille réellement.
Comment se comparent Moncton, Fredericton et Saint-Jean au Nouveau-Brunswick ?
Une participante du sud de la France s’interrogeait sur le coût de la vie et l’achat d’une maison au Nouveau-Brunswick.
David a présenté les profils des trois principales villes : Fredericton pour son rôle de capitale et ses emplois gouvernementaux, Saint-Jean pour ses activités portuaires et industrielles, et Moncton pour ses établissements d’enseignement et ses activités professionnelles.
Installée dans la province depuis près de dix ans, Fatima a partagé son appréciation de l’équilibre entre travail et vie familiale, de la proximité de la nature et d’un rythme de vie plus tranquille. Aucun budget immobilier détaillé ni comparatif chiffré n’a été établi pendant cet échange.
Revoir la séance et poursuivre sa préparation
Le webinaire est disponible en rediffusion dans la vidéo ci-dessus. Les intervenants ont également invité les participants à revoir la séance précédente consacrée au système financier canadien et au crédit.
Les repères présentés constituent une base de préparation. Leur application dépend de la situation familiale, de la province, du statut au Canada et des objectifs de chacun.
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